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La commune de Saou est située à 15 km au sud de Crest, 30 km au sud-est de Livron-sur-Drôme et 37 km au nord-est de Montélimar.
Toponymie
Attestations
900 : villa Saone.
1442 : Sol, Saol et Sao.
1509 : mention de l'église paroissiale Notre-Dame : ecclesia parrochialis Beate Marie Saonis (visites épiscopales).
1529 : Sou (archives hosp. de Crest).
1683 : Soub (archives de la Drôme).
1801 : Saou (bulletin des lois).
1891 : Saoû, commune du canton de Crest-Sud.
Début des années 2000 : Saou.
Selon le site officiel de la mairie, le nom de la commune peut également s'orthographier Saoû.
Histoire
Préhistoire
L'occupation humaine remonte à environ 6 000 ans avec les premiers agriculteurs sédentaires.
Au Bronze final, le site du Pas de Lestang (fouillé depuis 1983) a livré un ensemble de cabanes aux toits de chaume et aux murs de torchis sur des fondations de pierre. On y cultivait l'orge et élevait des chèvres, des moutons et des bovins. On chassait le sanglier dans la forêt de Saou voisine.
Protohistoire
L'oppidum gaulois de Cissac (ou Sissac, ou Six Sacs) a conservé ses murailles de pierres sèches.
Antiquité : les Gallo-romains
De riches villas gallo-romaines se sont établies au cœur des meilleures terres agricoles dans la plaine du Roubion et vers les collines du bassin de la Vèbre.
Du Moyen Âge à la Révolution
Vers 600, Saou se construit autour d'un château, puis en 900, autour de l'abbaye de Saint-Thiers.
L'abbaye était un monastère de l'ordre de Saint-Augustin, existant dès le IXe siècle, supprimé en 1739 et duquel dépendaient les prieurés d'Auriple, de Chabrillan, de Celas, de Cléon-d'Andran, de Notre-Dame-du-Poyet, de Roynac, de Mirmande, de la Répara, etc..
L'abbaye Saint-Thiers de Saou était chef de congrégation de chanoines réguliers de saint-Augustin ; elle dépendait du pape et non de l'évêché. Son abbé jouissait du « privilège de la crosse et de la mitre ».
Vers 1385, elle est détruite par Raymond de Turenne. Les religieux se cachent alors pendant sept années dans une grotte à Roche Colombe.
Elle est reconstruite. Abbaye puissante et dotée de revenus importants, elle connait son apogée à la veille des guerres de Religion, disposant alors de nombreux prieurés dans la région (Cléon d'Andran, Mirmande, Roynac).
Elle est à nouveau détruite lors des guerres de Religion pour être de nouveau restaurée.
Son déclin peut être daté de la nomination de Gabriel de Castagnac comme abbé. Ce dernier n'y résidant pas, la discipline se relâcha et les revenus diminuèrent. L'abbaye fut alors rattachée au séminaire de Valence par lettres patentes de Louis XIV le 4 avril 1738.
Il en reste aujourd'hui une petite chapelle montrant des voûtes d'ogives et utilisée comme cabane à outils. Elle est bordée par un canal de dérivation de la Vèbre et dans lequel on trempait les nourrissons pour les rendre forts et vigoureux.
La seigneurie:
Au point de vue féodal, Saou était une terre patrimoniale des comtes de Valentinois.
Lieux et monuments
Maison forte à Saou.
Vestiges de l'abbaye de Saint-Thiers (Xe siècle) : porte à mâchicoulis, tours carrées.
Église Sainte-Marie de Saou, style roman, restaurée.
Beffroi du XIIIe siècle.
Château de Lastic (MH) est une maison forte qui a été transformée en 1577. Il est malheureusement traversé aujourd'hui par la route qui conduit à la forêt de Saou.
Donjon de Lastic est un château du XVIe siècle (MH) .
Château d'Eurre (style Renaissance): plan carré sur une cour intérieure flanquée de tours rondes. Il a été démoli en 1586 puis reconstruit au XVIIe siècle.
Ferme des Crotes a été reconstruite sur une ancienne maison forte au XVe siècle remaniée au XVIIe siècle.
Ruines de la tour de Célas sont situées sur une éminence.
JP
