L’Etang de Berre : origine
Il y a environ 8000 ans, au cours de la dernière glaciation, l’érosion creuse le site de l’Etang de Berre qui se trouve isolé de la mer lors du réchauffement.
Le premier Canal de Caronte est creusé par les armées du général romain Marius en 104 avant Jésus Christ. Il relie l’Etang à la mer Méditerranée au niveau de Martigues. La salinité de l’Etang va s’établir. Elle s’accroit au fil du temps jusqu’à pouvoir exploiter les salins dont on a retrouvé trace dans les archives dès le 5ème siècle. Pendant des siècles, les activités humaines n’altèrent pas l’Etang. Les coquillages abondent, la pêche est fructueuse.
Carte d'identité de l'Étang de Berre
• Lagune composée de différents espaces dont l’étang principal, l’étang de Vaïne à l’Est et l’étang de Bolmon au Sud-Est et de nombreuses zones humides périphériques.
• L’étang est alimenté par L’Arc, la Touloubre, la Cadière, la Durance. Son origine date de -12 000 et -8000 av. J.C.
• Superficie : 155 km²
• Largeur : 16 km
• Longueur : 20 km
• Profondeur : 6 à 9 m
• Contenance : 900 millions m³
• 2ème plus grand lac salé d’Europe
• Communique avec la Méditerranée par le chenal de Caronte (Martigues)
• Bordé par 10 communes : Istres, Miramas, Saint-Chamas, Berre-l’Étang, Rognac, Vitrolles, Marignane, Châteauneuf-les-Martigues, Martigues et Saint- Mitre-les-Remparts, rassemblant près de 238 000 habitants
• Bassin versant naturel :1700 km².
Un site qui possède un riche passé préhistorique
On estime que la présence humaine y remonte à 7000 ans. Historiquement, l'intervention humaine est avérée depuis -125, quand les légions romaines creusent le chenal de Caronte, abaissant ainsi de 2 mètres le niveau de l’étang. Elle continuera jusqu'à la période contemporaine, les travaux d'aménagement étant permanents. Il est intéressant de s’appuyer sur la chronologie établie par le GIPREB pour bien comprendre les changements intervenus dans l'étang de Berre et dans son environnement.
Avant 1863 l'étang de Berre est un milieu saumâtre très riche, avec des peuplements denses et étendus de macrophytes (1). La salinité y est relativement constante, soumise aux 5 variations des régimes des différents cours d’eau. La zone de l’étang connaît une économie rurale avec de nombreuses petites exploitations d’autosubsistance et seulement quelques grandes exploitations tournées vers une économie d’exportation. Dans les zones les plus littorales, la pêche, le commerce maritime, le travail et le commerce du sel supplantent l'agriculture traditionnelle. L'identité culturelle reste forte, comme l’est la cohésion sociale au sein des villages.
L'étang connaît une première phase d'industrialisation avec la production de soude pour l'industrie provençale du savon qui réduit la production de sel alimentaire. Cette première industrie chimique est fortement polluante.
1 Macrophytes : c'est l'ensemble des plantes aquatiques macroscopiques, visibles à l’œil nu.
La période 1925-1965
La biodiversité des écosystèmes marins n'est pas encore touchée par les industries : les biocénoses (2) SMVC et LEE sont florissantes, avec d'importantes zones de moulières et d’herbiers. Elles gagnent les eaux du tunnel-canal du Rove. Le stock ichtyologique est abondant et se compose d'espèces typiques des milieux lagunaires accompagnées d’espèces à affinité marine. Cependant, en raison de la pollution chimique croissante, la contamination de la matière vivante entraîne en 1957 l'arrêt de la pêche professionnelle.
Dans les années vingt, l'essor de l’aéronautique correspond à une nouvelle phase de l'industrialisation qui enserre l'intégralité de l'étang de Vaïne. Dans les années trente, le développement des industries de raffinage inclut l'étang de Berre dans une logique productiviste nationale.
Les infrastructures pétrolières prolifèrent, amenant la création de nouvelles villes à l'est et la constitution d'un réseau de transport de grande envergure : l'approfondissement du chenal de Caronte et l'ouverture du tunnel du Rove permettent de créer une voie navigable protégée majeure, du port de Marseille à la vallée du Rhône.
Au niveau culturel, l'ère du tourisme commence : la côte méditerranéenne attire été après été, un nombre croissant de touristes du nord de la France qui découvrent la culture provençale.
2 Biocénose : En écologie, la biocénose est l'ensemble des êtres vivants coexistant dans un espace écologique donné, plus leur organisation et leurs intéractions. Le biotope et la biocénose forment un écosystème.
La période 1966-1992
Deux événements vont sinistrer les écosystèmes aquatiques qui commencent à être lourdement affectés par les pollutions urbaines, industrielles et agricoles.
En 1963 le tunnel du Rove s’effondre et en 1966 la centrale hydroélectrique de Saint-Chamas est mise en activité.
À partir de cette mise en service, ce sont environ 4 milliards de mètres cubes d'eau douce par an qui sont rejetés dans l'étang de Berre. Sa salinité chute brutalement, entraînant une diminution importante de la salinité de l’étang de Bolmon. Une stratification haline se met en place de manière quasi permanente, induisant des épisodes anoxiques

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de grande ampleur en isolant les eaux de fond, plus salées, du reste de la masse d’eau.
Les espèces inféodées au milieu marin disparaissent tandis que les assemblages benthiques régressent fortement. Les pollutions industrielles, urbaines et agricoles entraînent une dégradation de la qualité de l’eau, les métaux lourds entrent dans des processus de bio accumulation. La chute de la salinité entraîne la disparition des salins en 1966.
L'industrialisation et l'urbanisation s'accompagne d'un bouleversement culturel : après la pêche professionnelle, l'héritage rural, vieux de trois millénaires, est mis à mal par le gigantisme industriel portuaire.
En particulier avec l'aménagement du canal de Provence, la perception des cours d'eau et de l'étang change, les ruisseaux et l’étang de Berre ne sont plus perçus que comme des réceptacles à déchets.
L'étang de Berre et son pourtour constituent « un territoire à enjeux ». Depuis près de 20 ans sa réhabilitation est à l’honneur et il est aujourd’hui nécessaire de poursuivre et valoriser cette action et la porter à la connaissance du grand public.
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LE PORT MARLY
Cavalcade à travers les siècles
Cavalcade à travers les siècles
De ses rues, en passant par ses bords de Seine, son île et ses châteaux… voyagez dans le temps à la découverte du Port-Marly d'antan avec l'association Port-Marly Mémoire Vivante.
Le Port canton (quartier de Marly)
V ème siècle
Certains historiens ont suggéré que le port était un entrepôt romain. Merilus, propriétaire gallo-romain possédait une villa (fondus) à Marly.
VI – XII ème siècle
Les moines s’employant au défrichement de la forêt de Cruie (Marly) favorisent le développement du bourg et partant l’importance du port, bien situé au creux d’une boucle de la Seine, il était le seul débouché offert au bourg dans un temps où le fleuve était l’unique et plus sûr moyen de communication.
XIII ème siècle
Un acte notarié atteste le port indifféremment nommé « Port de la Loge » ou « Port de Marly ».
XIV - XV ème siècle
Alors que la branche cadette des Montmorency règne sur le haut Marly, les seigneurs de Prunay, leurs vassaux, possédaient le manoir et la ferme situés sur le territoire indivis du port et de Louveciennes.Couverts de vignes, les coteaux de Marly produisent un petit « clairet » jugé digne d’abreuver la table royale, les tonneaux sont évacués par le port en direction de Paris, de la Normandie et même de l’Angleterre.
XVI ème siècle
En 1572, Jacques Nicolas, bourgeois de Paris, reçoit en legs un port et un passage appelé « Port de la Loge ». Il y installe un bac. Peut-être celui qu’empruntait le jeune Charles IX pour y rejoindre sa belle maîtresse, Marie Touchet, sur l’Île de la Loge.
XVII ème siècle
Louis XIV a quitté Saint-Germain pour les fastes de Versailles tout en goûtant quelque détente dans sa résidence de Marly. Pour les besoins de la cour il donne, par Lettres Patentes de 1693, la primauté au port de Marly sur celui d’Aupec (Le Pecq).
XVIII ème siècle
Le trafic de marchandises du port s’est tellement développé qu’il nécessite la présence d’un notaire royal. Le port compte alors une population laborieuse de 165 feux (700 hab) toute occupée aux activités du fleuve ou aux exploitations des fours à chaux. C’est dans le dernier quart de ce siècle que le village va vivre sa mutation la plus profonde. En 1778, Louis XVI l’a doté d’une chapelle bientôt érigée en cure et paroisse Saint Louis (1785). C’est sur cette église et paroisse que les habitants s’appuieront pour demander leur détachement de Marly et éliront leur propre municipalité.
Le Port-Marly, commune indépendante.
Le Port-Marly devient une commune indépendante en février 1790.
Après la période révolutionnaire, la population ne compte plus que 500 habitants, le commerce a périclité,
l’église est ruinée, l’école de Louis XVI fermée.
1806 - le château, ancien manoir des seigneurs de Prunay est reconstruit tel que nous le connaissons (actuellement Hôtel de Ville).
1819 - le cadastre fixant le territoire du Port-Marly est enfin établi à 144 hectares.
1846- Alexandre Dumas fait ériger sur le côteau des Montferrands, le château de Monte-Cristo, fastueuse demeure faussement Renaissance et le château d’If Néo-gothique.
1850 – C’est la grande explosion démographique, commerciale et industrielle. Replié depuis des siècles sur une même population contractant le plus souvent des mariages consanguins, le village s’ouvre aux nombreux provinciaux victimes de l’exode rural vers la capitale.
Pêcheurs, bateaux de bain, tireurs de sable, bateaux lavoirs si chers aux peintres, animent les bords de Seine. Des industries de papier, de tissus imprimés, d’eau de javel polluent déjà !
Des carriers venus de Meudon ouvrent les carrières des Montferrands pour la grande production de blanc d’Espagne. Plus haut, dans la rue de Versailles, s’étendent d’autres galeries d’exploitation de craie. La Commune songe seulement à aménager son port, pourtant centre d’activités de celle-ci. Elle doit auparavant en acheter les terrains (ancienne propriété royale, demeurée d’État) qu’elle croyait siens.
1853 – La famille Rodrigue-Henriquès s’installe au Château des Lions. Elle y recevra le peintre Camille Corot qui exécutera en 1872 plusieurs tableaux célèbres – « Le Tournant de la Seine », la « Montre », la « Promenade au Château des Lions ». La Commune termine le siècle en beauté en se dotant d’un groupe Mairie-écoles (garçons et filles) en discussion depuis… 29 ans. À la même époque Sisley, Pissaro, Lebourg, Loiseau… s’inspireront des couleurs changeantes du fleuve.
XX ème siècle
« La Seine se meurt… la Seine est morte… » Ce n’est plus qu’un fleuve putride, réceptacle de tous les égouts de Paris. Seule subsiste de la grande activité précédente la fabrication de « Javel la Neige » de la famille Verrier. C’est sur l’Île de la Loge que se réfugieront les énergies créatrices du Docteur Château et de sa ferme expérimentale Jersey-Farm qui utilise déjà la traite électrique des vaches. À côté, l’aventurier chimiste Magondeaux utilise un brevet inédit, gagné au jeu, de fabrication d’acétylène. On trouve de l’embauche dans le « Tram à vapeur », la station du Port-Marly est un noeud ferroviaire important reliant Paris – Place de l’Étoile à Saint-Germain et à Marly-Abreuvoir.
1914 - La Grande Guerre vide la Commune de ses enfants. Une famille sur dix est touchée. Le couturier Doucet, passionné de « golf » crée un green de 18 trous de renommée internationale, qui perdurera pendant plus d’un demi-siècle jusqu’en 1969 (Centre Culturel Saint-Exupéry et Pyramides).
1940 – Le Port cesse ses activités commerciales.
1950 – La mutation galopante de l’après-guerre : explosion démographique, urbanisation en marche, circulation intense modifie l’aspect encore villageois de la Commune. C’est la percée de la nationale 13. Les grands ensembles immobiliers remplacent les espaces verts (le parc du Château des Lions, celui du Château de la Corbellerie, du domaine du chalet Keratry, La Source), les jardins, les vergers du haut du village, Marly-Soleil, les Plains Champs, etc. Les restaurants remplacent les petits commerces.
XXI ème siècle
On a fini de bétonner les espaces possibles. Un souvenir subsiste : le Mail des tilleuls ombrageant la rue de Paris créé en 1850. Quel devenir pour Port-Marly ? C’est à nous tous, anciens et nouveaux habitants, de donner un sens à la Commune malgré les routes qui la crucifient.